Arbitre !

L’idée de la création de cette page est attribué à Mr Hubert Tubiana, en effet il part du principe que chaque joueur de bridge doit avoir un minimum de connaissances en matière de règlement de litige et nous devons dire qu’il n’a pas tort car dans bon de nombre de cas nous dérangeons l’arbitre pour des litiges simples. ( remarquez le s à la fin de connaissances).


La renonce

La renonce résulte de la non fourniture par un joueur d’une carte dans la couleur demandée, alors que sa main comporte une ou plusieurs cartes de cette couleur. Dans un premier temps, il n’est pas interdit de demander au fautif si il n’a pas une carte dans la couleur demandée.

Une renonce est dite consommée lorsqu’elle est suivie d’une nouvelle action de jeu, le joueur fautif peut  corriger sans être pénalisé. Sinon, il y a pénalité. Une exception cependant: on rétablit simplement si cette renonce est faite à la douzième levée.

Quelle pénalité ?

1- Le joueur fautif a fait la levée de la renonce= cette levée, plus une levée faîte ultérieurement par le camp fautif seront transférées( donc deux levées de pénalité)

2-Le joueur fautif n’a pas gagné la levée de la renonce=si le partenaire du joueur fautif gagne cette levée, ou si le camp fautif gagne ultérieurement une levé, il y aura une levée de pénalité.

3- Mais attention! si la renonce a incontestablement empêché le camp lésé de comptabiliser à son profit une suite de cartes maîtresses, par exemple par une coupe intempestive, la décision, bien plus délicate relève alors de l’arbitre qui peut alors décider d’une marque dite ajustée.

Attention! la connaissance des règles d’arbitrage ne justifie pas pour autant l’auto-arbitrage, l’appel de l’arbitre ne doit pas être considéré comme un affront fait au camp fautif, c’est au contraire une simple procédure normale

Enchères insuffisantes:

Au cours de la phase d’enchères, une erreur assez fréquente consiste à nommer une enchère qui « ne l’emporte pas sur la précédente immédiate ».

Définition du code d’arbitrage.

Autrement dit = une enchère insuffisante.

Lorsque l’erreur est détectée, le camp adverse peut accepter (implicitement ou explicitement) l’enchère – auquel cas on poursuit le jeu normalement –

ou la refuser.

On l’accepte = les enchères se poursuivent, et l’incident est clos.

On refuse l’enchère insuffisante.

Dés lors,une question capitale se pose pour la suite de la procédure :

« S’agissait-il d’une enchère classique ou d’une enchère conventionnelle » (justifiant une alerte du partenaire) ex : mikaël… landy … etc…

Dans le cas d’une enchère classique, on demande au joueur fautif de la corriger.

S’il opte pour une enchère suffisante, ou un « pass », le jeu se poursuit normalement

S’il choisit de faire une enchère différente : son partenaire doit passer jusqu’à la fin.

De plus, si le camp fautif se retrouve en défense, on applique les « restriction d’attaques » ****

Dans le cas d’une enchère conventionnelle, son partenaire doit passer jusqu’à la fin

Et là aussi, si le camp fautif se retrouve en défense, on applique les « restrictions d’attaques «**** éxpliquées plus loin.

Un cas particulier qui pose problème

Attention ! Une enchère insuffisante peut se faire soit après l’ouverture du partenaire, et une intervention du premier adversaire, soit après l’ouverture de l’adversaire placé à la droite du fautif.

Dans ce dernier cas, on peut aisément déduire que le fautif a l’ouverture.

Et si ce dernier se manifeste en disant par exemple « je n’avais pas vu l’ouverture adverse », cela justifie l’appel de l’arbitre qui statuera sur la suite des pénalités.

Restrictions d’attaques = le camp non fautif peut =

  • refuser l’entame dans la couleur de l’enchère insuffisante,
  • exiger que cette couleur soit à l’entame,
  • laisser le libre choix de la couleur d’entame
  • Enchères Hors Tour

    Distraction d’un joueur : Il fait une déclaration alors que ce n’est pas à son tour d’enchérir.

    Cela peut donner lieu à des pénalités… sauf si cette déclaration est – implicitement ou explicitement – acceptée. C.A.D. si l’adversaire immédiat (à la gauche du fautif) accepte l’enchère, ou, sans l’accepter fait à son tour une enchère suffisante.

    Dans ce cas de figure, le jeu continue de se dérouler normalement. Mais si ce n’est pas le cas, il y a pénalités=Celles-ci dépendent en particulier du nombre d’étapes « brûlées ».

  • S’il n’y en a qu’une seule, la parole revient à l’adversaire de droite. Il choisit de passer= Le joueur fautif doit répéter son enchère, et le jeu se poursuivra normalement.
  • L’adversaire de droite ne passe pas.= Si le joueur fautif répète son enchère à un niveau acceptable, le partenaire du fautif doit passer une seule fois à son niveau de parole.
  • L’adversaire de droite ne passe pas, et le joueur fautif choisit de faire une enchère différente. Là, la pénalité est plus sévère= le partenaire du joueur fautif doit passer jusqu’à la fin des enchères. De plus, si le camp fautif se retrouve en défense, Il est soumis à des « restrictions d’attaques »
  • Examinons maintenant le cas où le fautif brûle plusieurs étapes. Là encore, le partenaire du fautif doit passer jusqu’à la fin des enchères. Mais s’il a de nouveau la parole, le fautif est en droit de faire l’enchère de son choix.

  .Entame hors tour

Voilà une erreur qui pose bien des problèmes.

L’entame hors-tour fournit une indication répréhensible au partenaire du joueur fautif.

Si l’on ne réagit pas à cette erreur grave, le cours du jeu pourrait être affecté au détriment du camp non fautif.

Il ne faut donc pas hésiter à appeler l’arbitre.

Si l’adversaire immédiat du joueur fautif  par distraction au manque de concentration  a rapidement étalé son jeu, il n’y a plus rien à faire

le jeu doit se poursuivre sans sanction du camp fautif.

 Si ce n’est pas le cas, l’arbitre pose la question préalable au déclarant :

« accepte-t-il l’entame ? »

 oui = il peut choisir entre deux options :

      le déclarant devient le mort… ;  ou

      son partenaire reste le mort, mais le déclarant joue de sa main pour

      la deuxième levée.

Non= l’entame est annulée.

      La carte vue devient « pénalisée principale » C.A.D. qu’elle devra

      Etre jouée à la première occasion.

      L’entame revient au partenaire du joueur fautif….. Mais….

   Le déclarant a le choix entre plusieurs options :

      Soit l’obliger à entamer dans la couleur dévoilée,

      Soit interdire cette couleur,

      Soit laisser libre choix à l’entameur. (et dans ce dernier cas seulement la carte dévoilée reste pénalisée)

Supplément d’explication apporté par Mr Gérard HOZE

Pour des soucis de clarté, je désigne par Sud le déclarant . L’entameur est Ouest et c’est Est qui entame (hors tour).
Si Nord a commencé à étaler son jeu, il n’y a pas d’entame hors tour. La partie continue .
Si N n’a pas étalé son jeu , l’arbitre dit à S qu’il peut accepter ou refuser l’entame:
S’il accepte, il peut:
Soit faire étaler le mort  (Nord)  et jouer le coup.
Soit étaler son jeu et faire jouer le coup par son partenaire (Nord).
S’il refuse, il peut:
Exiger que Ouest entame ou n’entame pas dans la couleur de Est. Dans ce cas Est reprend sa carte et la partie continue.
Dire á Est qu’il peut entamer de la couleur qu’il veut , la carte entamée par Ouest est alors pénalisée*.
*carte pénalisée : c’est un autre point d’arbitrage que j’expliquerai avec plaisir.

Changement de déclaration 

Encore une erreur qui peut entraîner des conséquences complexes et répréhensibles pour la suite des enchères.

Sauf si la 1ère enchère – ou déclaration – est due à une mauvaise manœuvre du joueur fautif (tombée de carton),

auquel cas il faudra rectifier sans que cela prête à conséquence.

Ou alors, il conviendra d’appeler l’arbitre pour  remédier aux conséquences de cette erreur.

Celui-ci pose la question préalable « la deuxième déclaration est-elle intentionnelle ? »

NON :      le partenaire du joueur fautif a-t-il parlé après le changement ?

             Oui = si le changement est maintenu par le fautif, cela revient à

                    Une enchère Hors-tour

       Non = Aucune pénalité. Mais si l’adversaire immédiat a déjà

             Parlé, il peut modifier sa déclaration

OUI :      l’adversaire immédiat a-t-il parlé avant le changement de

             Déclaration ?

             Oui = le changement de déclaration devient une enchère hors tour

             Non = a-t-il parlé après ?

                    Oui : les enchères se poursuivent sans pénalité

                    Non : accepte-t-il la nouvelle déclaration ?

                           Oui : les enchères se poursuivent sans pénalité

                           Non : la déclaration de remplacement est annulée

Mais… Si la parole revient au joueur fautif, et que celui-ci maintient sa deuxième enchère à un niveau acceptable, celle-ci est acceptée mais son partenaire sera tenu de passer à son tour de parole.

Alors que… dans le cas où le joueur fautif change sa deuxième déclaration, les enchères se poursuivent, mais le camp fautif sera limité à un score de 40%

Et.. on appliquera des pénalités d’attaques sur les couleurs dévoilées.

Comme on peut le constater, cette erreur est l’une des plus compliquée à arbitrer. Raison majeure pour impérativement faire appel à l’arbitre